Home, sweet home

Par Michka :: 12/04/2008 à 6:43 :: Général
    Comme beaucoup de gens, j'aime bien recevoir mon horoscope matinal dans ma boîte mail et voici ce matin ce qui était noté:
La Lune passe sur votre Ascendant, incitant au lâcher prise : l'accent est mis sur votre vie intérieure et familiale, et plus généralement sur vos bases fondamentales. En quête de quiétude, vous vous détournerez des préoccupations extérieures pour faire le point sur votre univers intime. Votre humeur vagabonde et quelque peu chatouilleuse peut surprendre, mais votre créativité répond présent : le climat astral du jour incite à l'oisiveté, à la contemplation, réveillant ainsi votre fibre artistique. Un moment de poésie en perspective...

    Bien que j'émette souvent des réserves sur les prédictions faites par des programmes informatiques, je trouve que ce matin "ça colle bien" car j'avais justement envie d'écrire au sujet de mon sens de l'intimité. Et ce, en raison d'évènements qui m'interpellent, issus de ma propre expérience ou de celle d'autres personnes qui me racontent.
    Il y a maintenant neuf ans que je vis "sans homme à la maison" et donc une vie plutôt orientée vers le rôle de mère célibataire et de femme qui essaie d'assumer au mieux toutes les composantes d'une vie en solitaire.
    Au début, ce fut dingue de me confronter au silence, à l'absence et au vide de la maison. Je vivais encore avec ma plus jeune fille qui avait 11 ans mais nous avions un consensus tacite de na pas trop mélanger nos intimités respectives. Il faut dire que la maison était immense et qu'après le départ successif des enfants aînés puis du père de famille, nous nous retrouvions séparées d'un étage dans la maison:
Notre fille dormait dans la partie haute de la maison dans une chambre mansardée à côté de celle de son père. Je vivais au rez de chaussée dans une pièce que je m'étais aménagée afin d'y trouver une relative quiétude à l'écart d'une ambiance familiale devenue intolérable pour moi. Mon mari générait cette ambiance particulière de suspicion et de paranoïa et, en attente du jugement de séparation de corps, je me protégeais afin d'assurer ma survie -le mot n'est pas abusif-.  Quand il fut parti, le silence s'installa dans la maison, un silence pesant après tant de tumultes. Je pris vite conscience de cette distance qui s'était instaurée insidieusement entre l'enfant et moi et de l'ambiance déplorable qui régnait entre les murs de la maison, comme si ceux-ci s'étaient chargés des querelles, de la maladie et des souffrances de mon mari. Je décidai de déménager pour un appartement plus petit où il était impossible de passer une journée sans se croiser comme dans la grande maison. Cela restaura en moi le plaisir du sweat home. Malgré les tensions qui rendaient parfois notre relation mère fille difficile, nous avions une forme de complicité que j'aimais et j'aurais adoré que cela dure encore un peu.
    Mais il y a deux ans et demi, l'oiseau dernier né s'envola à son tour, à 16 ans et demi, bien avant "l'âge légal" et me laissa de nouveau face à ce puissant sentiment de vide et de détresse, dans une solitude à laquelle je n'avais pas eu le temps de me préparer. Comme la fois précédente (et je m'en rends compte aujourd'hui en vous narrant l'histoire), je ne pus rester dans la maison où nous habitions ensemble, sa présence me manquait trop et je ne supportais pas le silence de sa chambre déserte. C'est ainsi que je partis habiter dans le studio du bord de mer. Là, au milieu des seuls objets qui m'appartenaient, je pus recréer un nid où je me sentis le mieux possible.
    Depuis, je me suis habituée à ce silence que j'ai le loisir d'emplir de mes propres états d'âme, de mon chant, de ma danse, de mes loisirs, de mes questions sans réponse, de mes méditations, et parfois de la présence fugace mais intense de l'homme aimé ou de la visite d'une amie pour un après-midi ou encore pour quelques jours d'un de mes enfants. En ce moment, dans ma nouvelle demeure (mais au fait, cette fois-ci ce changement n'était pas une fuite, juste le besoin de concilier vie privée et travail  dans un même lieu), je reçois mon fils aîné et il est passionnant pour moi de remarquer comment cela perturbe mon rythme habituel, comment je m'adapte à la présence d'une autre personne dans mon univers, comment cela met en exergue mes "manies" ou rites! Ceci dit sans juger de ceux ci mais juste observer et aussi, au-delà de ça,  me rendre compte de "ce que ça me ferait" de vivre de nouveau avec quelqu'un. Et il m'est agréable de constater que cela me plairait bien maintenant, alors qu'il y a encore six mois je n'aurais pas voulu du tout. 

    En clair, cela signifie: expérience concluante, même si cela me bouscule quand même de changer mes petites habitudes, il y a tant de plaisir à partager la présence et l'énergie d'une autre personne. Le mouvement de vie augmente, le rythme est plus dynamique... C'est comme le réveil de la nature au printemps, on passe de la froidure et du silence hivernal, au renouveau...
    Alors tout cela me conforte dans mon sentiment: j'ai bien fait de donner à mon amoureux cette sorte d'ultimatum: "maintenant ou jamais" car j'ai vraiment envie d'être en couple de nouveau. Et si lui ne quitte pas sa vie pépère de vieux marié et ses pantouffles, je ne lui en tiendrai pas rigueur car je l'aime d'un sentiment sans rancune ni conditions, mais je sais que je suis prête à laisser entrer quelqu'un d'autre qui réponde à  mon désir de reconstruire un foyer.
    Peut être quelqu'un qui me ressemblerait et aurait eu lui aussi un passé difficile avec maintenant l'aspiration à une paix profonde dans sa vie.
    Que l'univers qui (on le sait tous maintenant, hein?) exauce tous nos vœux m'envoie la bonne personne, tel est mon souhait de ce douze avril 2008! Et si cela doit être celui que j'aime tant et depuis huit ans, alors qu'il en soit ainsi!
    Et que l'univers emplisse aussi vos vies de tous vos souhaits! Mais faites attention à ce que vous demandez en pensées car vous l'aurez, point par point, alors n'oubliez rien! 

             Michka
   

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