Etre égoïste pour être heureux ?

Par Michka :: 16/06/2008 à 22:17 :: Réflexions

"Ne s’occuper que de soi et ne penser qu’à soi peut-il conduire au bonheur ?"
C'est une question que pose Thomas, 23 ans sur le site de Psychologies. C'est vrai que l'envie peut nous prendre de devenir plus égoïste...Pour ma part, je ne sais pas faire et je préfère me tourner vers les autres. J'ai cependant lu avec beaucoup d'intérêt la réponse du Dr ANDRE car je connais des gens très égoÏstes et je les admirais presque jusqu'à présent, mais c'était AVANT de lire cet article!!!
Bises à vous tous, les amis!
Michka

La réponse de Christophe André

Non, non et non ! Bien que beaucoup de personnes le pensent, et parfois parmi les plus intelligentes (comme quoi, le QI a ses limites...), c’est tout simplement faux. Gustave Flaubert écrivait par exemple « Être bête, égoïste et en bonne santé : voilà les trois conditions requises pour être heureux », mais sa correspondance de fin de vie montre qu’il regretta ensuite ce genre de déclarations anti-bonheur.

Ou bien, c’est un problème de définition de l’égoïsme : s’aimer et tenir compte de soi et vouloir vivre heureux, ce n’est pas de l’égoïsme. L’égoïsme, le vrai, c’est ne pas tenir compte des autres, toujours les faire passer après soi. Alors, au contraire, cet égoïsme ferme la porte au bonheur, condamne à de petits plaisirs mesquins, matérialistes, au goût amer de solitude. Comme ceux d’un enfant qui a pris tous les jouets, écarté ses copains, et qui se retrouve tout seul dans sa chambre pour jouer : à quoi ? avec qui ?

Le bonheur étouffe dans l’égoïsme : toutes les études montrent que plus on est heureux plus on a envie de se tourner vers les autres, de partager. Et que beaucoup de nos bonheurs viennent des autres : affections, amitiés, amours…

Ces envies d’égoïsme viennent parfois à celles et ceux qui ont trop donné, et qui sont blessés par ce qu’ils perçoivent ensuite comme de l’indifférence ou de l’ingratitude : ils se disent alors « eh bien, puisque c’est ainsi, je vais devenir plus égoïste ». Erreur et risque !

Mieux vaudrait se dire : « Non, continue de donner, mais sans te sacrifier, et sans attente de retour. Donne parce que cela te rend heureux et que c’est ton boulot d’humain de donner et de partager. Mais ne deviens pas égoïste, pas avare de toi-même et de ce qu’il y a de bon en toi… »

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